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Méduse, une punition divine

« Être médusé », un « regard pétrifiant », vous connaissez sans doute ces expressions mais peut-être un peu moins celle qui en est à leur origine, la Gorgone Méduse. Créature souvent reprise aussi bien dans la littérature qu’au cinéma, l’histoire de Méduse à traversé les siècles. L’histoire d’un monstre meurtrier vaincu par un brave héros envoyé par les dieux.


Mais est-ce-que Méduse le méritait vraiment ?

Détails: Tête de Méduse, L'Enlèvement d'Andromède par Persée dit aussi Persée délivrant Andromède,Puget Pierre


À l’origine, Méduse est une mortelle, ses deux autres sœurs Gorgones, Sthéno et Eurylé, sont quant à elles immortelles. Méduse inspire la terreur aux hommes, elle a la particularité d’avoir des serpents en guise de cheveux et de grandes dents ainsi qu’un visage repoussant. De plus elle a une autre capacité, celle de pétrifier. Mais là les sources varient. Parfois se sont les serpents de sa chevelure qui pétrifient quiconque ose la regarder dans les yeux, mais le plus souvent c’est le regard de la Gorgone lui-même qui pétrifie. On pourrait comprendre la pétrification de deux façons : premièrement l’immobilité, la paralysie, provoquée par la terreur, ou, comme on le voit souvent dans les divers médias, un changement en pierre.

Pyxis, Persée et la Gorgone Méduse, Louvre


Méduse est donc un monstre et comme beaucoup d’autres monstres, un héros va devoir la vaincre. C’est Persée qui en sera chargé par le roi Polydectès, qui lui demande de lui rapporter sa tête. Pour pouvoir accomplir sa tâche Persée demande l’aide des dieux, ainsi Athéna, Zeus, Hermès et Hadès lui fournissent une aide à l’aide de plusieurs artefacts, respectivement : un bouclier en bronze étincelant, une épée, des bottes ailées et le casque d’invisibilité. Aidé par Athéna, il va se frayer un chemin jusqu’au repaire des Gorgones. Pour éviter d’être pétrifié il va se servir de son bouclier qui réfléchit comme un miroir pour se guider, évitant ainsi un regard direct qui pourrait le paralyser. Il s’approche doucement de Méduse endormie et lui tranche la tête.

Du sang qui s’écoule naît Chrysaor – qui porte le nom qui désigne son épée en or- et Pégase, le cheval ailé. Persée enfourche alors Pégase et s’en va. Après encore quelques aventures (que l’on détaillera plus tard) Persée donne la tête de Méduse à Athéna. La tête a encore ses pouvoirs pétrifiant, la déesse décide de fixer la tête sur son bouclier pour terroriser ses adversaires. On surnomme alors la déesse Athéna Gorgophona.





Persee et Meduse, Laurent-Honoré Marqueste, Musee des Beaux Arts de Lyon

Mais Méduse n’a pas toujours était ainsi. Au départ elle était « normale », sans serpents en guise de chevelure ni de pouvoir de pétrification. Les récits varient sur les raisons de sa transformations. Vivant en Libye (toute l’Afrique du Nord ouest dans les récits anciens) Méduse aurait tantôt était une reine qui vivait sur un territoire près du lac Tritonis et elle aurait perdu contre le roi Persée et ses armées qui désirait ses terres. Tantôt une femme qui s’en prenait aux habitants du lac Tritonis. Dans d’autres récits Méduse est une jeune fille extrêmement belle qui se vente de sa chevelure, une chevelure qu’elle dit plus belle encore que celle d’Athéna. Les divinités grecques n’aiment pas trop quand les humains font preuve d’hybris, aussi la déesse change Méduse en monstre et lui retire son immortalité ou alors lui aurait directement coupé la tête et placé sur son bouclier. Dans une dernière version, la plus connue, Méduse était une très belle femme et Poséidon, le dieu de la mer, succombe à ses charmes et souhaite s’unir à elle. Malheureusement pour Méduse, le dieu ne comprend le « non ». Elle s’enfuit jusqu’au temple d’Athéna pour demander de l’aide mais elle est rattrapée par Poséidon qui la viole. Athéna surprend l’acte et fait montre d’une colère envers Méduse qui ose avoir une relation dans un espace sacré (le sien en plus), c’est ainsi qu’elle la transforme en monstre et lui retire son immortalité.


Quant aux aventures de Persée, ça, c’est une autre histoire !



Medusa, Le Caravage, 1599



Sources principales:

- BELFIORE Jean-Claude, Grand dictionnaire de la Mythologie grecque et romaine, éd. Larousse, Paris, 2016

- GUIRAND Félix & SCHMIDT Joël, Mythes et mythologies, éd. Larousse, coll. In extenso, 2019

- Mythologie, les grands mythes expliqués simplement, ça m'intéresse, éd. Dorling Kindersley Limited, 2019

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